Scan-Park
L'avenir du stationnement urbain en Suisse
📍 Lausanne15 janvier 2026

L'avenir du stationnement urbain en Suisse


Le stationnement en ville connaît une révolution silencieuse. Entre digitalisation, partage de places, électrification et nouvelles régulations, les habitudes des automobilistes urbains sont appelées à changer profondément dans les années à venir.

15 janvier 2026

Le monde du stationnement urbain suisse est en pleine mutation. Longtemps resté figé dans des schémas traditionnels, il intègre désormais innovations technologiques et nouveaux modèles économiques pour répondre aux défis de la mobilité durable et de l'optimisation de l'espace urbain.

La révolution numérique du parking

Les applications de paiement mobile ont déjà largement remplacé les parcmètres dans la plupart des villes suisses. Mais la prochaine étape va bien plus loin : le «smart parking» utilise des capteurs pour indiquer en temps réel les places disponibles, réduisant ainsi le temps passé à chercher où se garer.

Zurich et Genève testent actuellement des systèmes de guidage dynamique qui orientent les automobilistes vers les places libres les plus proches de leur destination. Ces technologies pourraient réduire de 30% le trafic lié à la recherche de stationnement, selon les premières études.

La réservation de places à l'avance, encore marginale aujourd'hui, devrait se généraliser. Plusieurs parkings publics lausannois proposent déjà ce service via application, garantissant une place disponible à l'arrivée.

L'essor du partage de places

Le park-sharing, à l'image de ce que propose Scan-Park, connaît une croissance exponentielle. Le principe : mettre en relation propriétaires de places privées inutilisées et automobilistes cherchant où se garer.

Ce modèle présente plusieurs avantages. Pour les propriétaires, c'est un revenu complémentaire intéressant. Pour les chercheurs de places, des tarifs 30 à 50% inférieurs aux parkings traditionnels. Pour les villes, une meilleure utilisation des infrastructures existantes sans construction supplémentaire.

Certaines grandes entreprises commencent même à partager leurs parkings en dehors des heures de bureau, créant une nouvelle économie du stationnement.

Électrification et nouvelles infrastructures

L'explosion des véhicules électriques transforme radicalement les besoins en matière de parking. Stationner ne signifie plus seulement s'arrêter, mais aussi recharger son véhicule.

Les nouvelles réglementations suisses imposent désormais l'installation de bornes de recharge dans tous les nouveaux parkings. Les infrastructures existantes sont progressivement équipées, Lausanne s'est fixé l'objectif de 500 bornes publiques d'ici 2027.

Ce changement ouvre de nouvelles opportunités : certains parkings proposent déjà des tarifs préférentiels durant la recharge, transformant le temps de stationnement en service à valeur ajoutée.

Régulation et tarification dynamique

Les villes suisses expérimentent la tarification dynamique, où le prix varie selon la demande, l'heure et le jour. Bâle teste ce système depuis 2025 : se garer coûte moins cher tôt le matin ou en soirée qu'en milieu de journée.

Cette approche vise à mieux répartir la demande dans le temps et l'espace, tout en optimisant les recettes municipales. Les usagers réguliers peuvent anticiper et ajuster leurs horaires pour bénéficier des tarifs avantageux.

Parallèlement, les zones à basse émission (ZBE) qui se multiplient en Suisse influencent directement le stationnement : Zurich et Genève prévoient des restrictions de parking pour les véhicules les plus polluants dès 2026.

Réduction de l'offre et nouvelles affectations

Paradoxalement, alors que la demande reste forte, plusieurs villes réduisent volontairement le nombre de places en surface. L'objectif : récupérer de l'espace public pour d'autres usages (terrasses, végétalisation, pistes cyclables).

Lausanne a supprimé 200 places de parking en 2025 au profit d'espaces verts et de mobilier urbain. Cette tendance devrait s'accélérer, poussant davantage d'automobilistes vers les parkings souterrains ou périphériques.

Des parkings en silo automatisés commencent également à apparaître, maximisant l'utilisation de l'espace vertical. Ces tours robotisées peuvent stocker deux à trois fois plus de véhicules qu'un parking traditionnel sur la même surface.

Vers un modèle multimodal

L'avenir du stationnement urbain s'inscrit dans une vision plus large de la mobilité. Les hubs multimodaux, intégrant parking, location de vélos, trottinettes électriques et connexion aux transports publics, se multiplient.

Le stationnement devient ainsi la première ou dernière étape d'un parcours combinant plusieurs modes de transport. Les plateformes digitales intègrent d'ailleurs de plus en plus ces différentes options dans une seule application, facilitant la planification de trajets «hybrides».

Cette évolution répond aux attentes d'une population urbaine de plus en plus sensible aux questions environnementales et d'optimisation du temps de trajet.